Peut-on dire que les Comores entre dans une dynamique de guerres civiles ?

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By La Rédaction mai 7, 2021 10:34

Peut-on dire que les Comores entre dans une dynamique de guerres civiles ?

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Les arrestations permanentes et la récente exécution de major Bapale dans le camp militaire de Sanghani, à Anjouan s’inscrit dans une prolifération inquiétante d’interventions du régime vers une guerre civile.

L’obsession de la guerre civile s’articule étroitement à l’idée d’ ennemis intérieurs  du régime d’Azali Assoumani, à savoir l’opposition et le mouvement de Daoula Ya Haki. Ainsi ils constitueraient au yeux du pouvoir une menace contre le colonel Azali Assoumani.

A cet égard, le terme de «séparatisme», maintenant solidement revenu dans le débat public, est une référence directe à une situation de guerre.

L’approche du 26 mai avec une marginalisation de l’opposition et une une montée en puissance des mouvements contre Azali explique pour partie cette hystérisation du débat politique.

Peut-on dire que les Comores entre dans une dynamique de guerres civiles ?

Ce que l’on sait, les différences entre polarisation délétère qui affecte le peuple Comorien et une guerre civile sont nombreuses.

D’abord, aucune organisation structurée ne mène actuellement des opérations militaires sur le sol comorien. Ensuite, il n’y a pas de groupes armés qui pourraient organiser des «territoires libérés», ni soutien d’un Etat voisin, ce qui est pratiquement une condition nécessaire à une guerre civile. Malgré les annonces chocs des opposants du régime qui sont à l’étranger.

Par contre à partir du 26 mai 2021 date où Azali devrait céder le pouvoir poue l’île d’Anjouan, des violences sociales ne sont certainement pas à exclure. Des affrontements dans les manifestations ou des épisodes émeutiers sont probables. 

Si le risque de guerre civile est négligeable, si les forces de l’ordre peuvent réprimer les contestations sociales et politiques, pourquoi ces références « coup d’état, déstabilisation de l’ordre public » obsessionnelles du pouvoir dans le débat public ?

la dénonciation d’un risque de guerre civile et de coup d’état est avant tout le prétexte à une transformation des institutions, à commencer par le droit, dans le sens d’un glissement autoritaire: mesures administratives qui limitent les droits fondamentaux, mise en cause du droit de manifester, surveillance de plus en plus intrusive sur les réseaux sociaux….

On voit la facilité avec laquelle les Comores pourrait basculer dans une situation comparable à celle de l’Égypte ou de l’Arabie Saoudite , deux régimes pour lesquels Azali Assoumani ne cache pas son admiration.

©Lassa lassa!

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